Chantier participatif au jardin de la bibliothèque d’Orbey

Par une belle matinée ensoleillée, les courageux jardiniers et jardinières ont entamé la construction de la serre. Nous avons aussi nettoyé et aménagé une petite butte de culture au fond du jardin. Elle est recouverte d’une bâche noire jusqu’à la plantation de plantes à fort développement car il y a plein de liseron et de renoncule dedans !
Les bacs en bois ont été amendés de compost : semis de plantes coureuses prévus en mai. Quelques ronces ont disparu sous la lame du sécateur…
Merci à toutes les petites et grandes mains !

Dominique, jardinière à Orbey

« Peu à peu, le potager a pris le dessus »

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Dans le jardin de Dominique situé à Orbey-Pairis, je vais de surprises en découvertes : buttes de cultures, serres, cultures en carrés et en pots, petits fruits, fraisiers en terrasses, belles aromatiques poussant çà et là… C’est un régal pour les yeux !
Exposées au sud, les cultures bénéficient aussi de la fraîcheur de la forêt et de la rivière. Les légumes côtoient les fleurs et à la question : « Est-ce que tu pratiques les cultures associées ? », Dominique répond : « Je plante au feeling… ». Le résultat vaut le coup d’oeil et la diversité est grande : radis noir, rhubarbe, choux, soucis, betterave, pâtissons, bourrache, courgettes, salades, haricots, céleris-branches…
Une butte est dédiée aux courges seules qui sont magnifiques : potirons, butternut et potimarrons. Une petite serre m’intrigue car elle est entourée de topinambours qu’il faut écarter pour y pénétrer. À l’intérieur, des grappes de belles tomates précoces mûrissent tranquillement. « Les tomates on ne s’en lasse pas. On en mange tous les jours et je confectionne plusieurs dizaines de bocaux. » Avant de poser la structure de la serre, Dominique et son complice au jardin ont creusé là un gros trou qu’ils ont rempli de fumier et recouvert de terre. Les jeunes replants de tomates que la jardinière bichonne pendant quelques mois seront plantés couchés et recouverts de terre. Est-ce le secret pour récolter une tomate ananas de 650 gr. ?
Dans l’autre serre où la terre est surélevée, je découvre de belles aubergines plantées en pot (« elles réussissent mieux »), des poivrons, des tomates et des salades qui se resèmeront au printemps. Le plastique est enlevé en hiver pour que la terre s’imprègne bien d’eau.
Ailleurs c’est une magnifique ciboulette, de superbes sauges, un généreux pêcher, des asperges vertes ou encore un chou Kale dont on ne récolte que les feuilles.
À bien des égards, ce potager démarré il y a 13 ans adopte une vision permaculturelle : diversité et rusticité des végétaux, recyclage sur place de tous les déchets, arrosage réduit, objectif affiché d’autonomie alimentaire. Si cette autonomie en légumes est aujourd’hui de 5 mois, l’idée est de la prolonger en cultivant en hiver poireau, oignon, salade et carotte sous châssis et dans une serre accolée à un bâtiment. « Car nous sommes des gros consommateurs de légumes et j’aime cuisiner !  »
C’est un vrai plaisir de parcourir tous ces espaces cultivés et riches en butineurs. Bien qu’en fin de saison, les buttes de cultures offrent une belle mosaïque végétale. Merci Dominique pour cette visite et fais-moi signe lorsque tu récolteras les premiers kiwaïs * !

Une histoire de famille :

« Je suis née ici. Petite, j’étais déjà au jardin. Mon père était paysan-hôtelier. Il avait une vache, des poules, un cochon et… un grand potager. Nous avons aussi eu des chevaux et des moutons. On s’occupait des bêtes et aussi des clients ! L’hôtel qui avait 21 chambres était ouvert de Pâques jusqu’à fin septembre. S’il fallait ramasser le foin en cas d’orage, on lâchait les clients ! »

L’autre Dominique :

Il est le mari super bricoleur, ingénieux et avec un intérêt fort pour l’autonomie alimentaire et énergétique. En témoigne le magnifique bâtiment basse consommation qui occupe une partie du terrain. « Il sait organiser et trouver les solutions. Il assure les gros travaux et les aménagements ». Une aide fort précieuse pour une jardinière !

Les buttes de cultures :

Elles ont été aménagées car le sol est très caillouteux. Elles sont remplies de matériaux divers : branches, planches pourries, compost, fumier de cheval, herbes des parcs à escargots, terre. Elles sont régulièrement « nourries » de végétaux divers : feuilles mortes, déchets de récolte, épluchures et herbes indésirables. Le sol est ainsi toujours couvert, ce qui assure la fertilité de la butte. Sur la nécessité des buttes ou pas ? « À chacun de voir quel terrain il a ! »

Une jardinière astucieuse :

Pour éviter la voracité des limaces, les jeunes plants sont protégés par un seau sans fond ; les petites salades sont mises à l’abri dans des bouteilles coupées en deux ; peu de semis, beaucoup de repiquages (à cause des limaces, encore et toujours !) ; un arrosage très réduit grâce à la couverture permanente du sol ; des semis de courgettes étalés dans le temps pour une récolte prolongée ; des coquilles d’escargots écrasées pour drainer le fond des pots et jardinières.

Récolte de paroles :

« Mon premier réflexe en arrivant ici, ça a été le jardin de fleurs vivaces. Je me sentais bien dans le jardin. »

« L’écologie, la biodiversité… ce sont nos enfants qui ont commencé à en parler. C’est venu naturellement. »

« Je me sens bien dans les choses simples. Dans le jardin il n’y a pas de contrainte de temps ou sociale. »

« Nous aimerions ralentir à tous les niveaux. »

* plante grimpante vigoureuse qui produit des fruits ressemblant à des petits kiwis. Elle résiste très bien aux fortes gelées.

(Photos FJ, 2015)

Au jardin de la bibliothèque d’Orbey…

Notre association ainsi  que  l’association La Courte Échelle ont investi le jardin de la bibliothèque cette année. Au programme de l’automne :  un grand nettoyage des bacs de culture en bois, un désherbage manuel et collectif du futur emplacement de la serre, la création d’une allée empierrée et l’aménagement d’une étroite bande de culture le long du grillage. Merci à la commune d’Orbey pour la mise à disposition de ce jardin et son soutien logistique. Et un grand merci à tous les petits et grands jardiniers bénévoles !

Rendez-vous ce printemps !

Cécile, jardinière à Orbey

« Je vais dans mon jardin, je suis bien, je suis sereine. C’est la plénitude. »

Voilà une jardinière que je connais bien et qui m’a beaucoup appris. Cécile, figure des Hautes Huttes, cultive des jardins depuis toujours. « Déjà toutes petites filles on participait au jardin. Maman s’en occupait et papa bêchait. On achetait pas de légumes. C’était comme ça. »

À l’époque on cultivait surtout des légumes qui étaient conservés par lacto-fermentation. Cécile aimait bien les tasser avec ses pieds dans des tonneaux en bois. Au total : 1 tonne de compiche (feuilles vertes du chou), 1 tonne de choucroute et 1 tonne de rutabagas / carottes en mélange. On faisait aussi pousser beaucoup de patates et une sorte de blé noir semé en automne, le Tremsau.

Tout au long de sa vie, Cécile a gardé un lien avec la terre. Son mari Jean est forestier, comme son beau-père qui possédait déjà un grand jardin cultivé et des animaux. « Mon mari avait la passion du jardinage plus que moi et les maisons forestières étaient à l’époque des fermettes. » À Courtavon, on a ramené de la terre pour créer un jardin ». Un jour, quelqu’un lui lance : « On a jamais vu une femme de forestier pousser une brouette ! »

C’est en 1967 qu’elle revient dans la ferme familiale des Hautes Huttes à Orbey. « On a continué le jardin et on a fait un champ de patates. On a eu jusqu’à 150 poules, des vaches et beaucoup de lapins. Jean avait des abeilles. Il disait que c’était le miel qui l’avait sauvé lorsqu’il était prisonnier en Russie ».

Aujourd’hui Cécile jardine pour le plaisir et pour « manger sainement ». « Je n’utilise aucun pesticide ni engrais car on peut avoir de beaux légumes sans tout ça ». Engrais verts (phacélie, moutarde), purin de consoude et vieux fumier de vache lui assurent de belles récoltes : carottes, navets, choux, poireaux, oignons, échalotes, choux-raves, céleris, bettes, courgettes, potimarrons et « toutes sortes de salades ». Elle pratique la rotation des cultures tous les deux ans. Pas besoin de plan car elle fait une photo du jardin dans sa tête ! Quant aux tomates, elles poussent à l’abri dans une serre fabriquée avec d’anciennes fenêtres. Très pratique lorsqu’il faut ouvrir la serre…

Et que dire des fleurs ? Une passion qu’avait déjà sa maman. « Je n’achète pas de fleurs et je fais toutes mes boutures ». Les dahlias et fuchsias sont rentrés en hiver. Les insectes butineurs se régalent de toutes les fleurs semées ou qui se resèment seules comme le généreux et coloré muflier.

Cette jardinière d’une vitalité exceptionnelle avoue qu’elle ne pourrait jamais se passer de ses jardins. « J’y suis tous les jours ». Et même pour cueillir la mâche, elle n’hésite pas à pelleter la neige !

Merci Cécile pour ta belle énergie et tout ce que tu nous transmets !

Souvenirs d’autrefois :

« On allait faner au Lac Blanc. Maman ramenait une salade de chou, de la tisane et des crêpes de cerises. Les crêpes de cerises, j’pouvais plus les piffer ! »

« On ne mangeait pas tant de viande que ça si ce n’est un pot-au-feu le dimanche. Maman passait la viande dans l’eau vinaigrée avant de la cuisiner. »

« Les gens refaisaient leurs semences de patates et semaient à la houe. Il en fallait beaucoup pour les cochons ».

« Le cheval c’était notre tracteur. On lui faisait manger un mélange de paille hachée, de son, de petit lait et d’eau chaude ».

« Papa avait fait un gros trou dans le jardin qui était rempli de paille. C’est ainsi qu’on conservait les légumes ».

Photos FJ / été – automne 2015

Pas à Pas marche pour le climat

Les samedi 28 et dimanche 29 novembre, à la veille de l’ouverture de la COP21, des centaines de milliers de personnes de tous horizons ont marché dans les grandes villes du monde pour faire entendre haut et fort leurs attentes à leurs responsables politiques : 57 marches sont prévues dans le monde entier.En France, les marches   pour le climat ont été interdites en raison des tragiques attentats qui ont eu lieu le 13 novembre dernier.

Par contre, il était tout de même important de montrer que les citoyens se mobilisent contre le changement climatique .En effet, la crise climatique est à la jonction d’une crise sociale et environnementale,  elle pose la question des emplois, de la pauvreté, de la précarité énergétique, des politiques d’austérité, de la démocratie, de l’absence de solidarité et renforce les inégalités et discriminations existantes.

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C’est pourquoi, des membres de l’association de transition « Pas à Pas,   vallée de la Weiss en transition » ont décidé de marcher en petits groupes dimanche soir dans le marché de Kaysersberg, affichant  « Ensemble pour le climat

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Portrait de Gilles, jardinier à Orbey

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« Le jardinage, c’est une forme de méditation »

Perché à 650m. d’altitude, les jardins de Gilles offrent un magnifique panorama. Il y a là 10 ares de cultures. Une grande surface qui permet à la famille d’être autonome en légumes. Avec deux végétariennes à la maison, mieux vaut assurer ! C’est Viviane qui transforme et cuisine les récoltes déposées par seaux devant la porte d’entrée. Ce jour-là, elle mitonne des lasagnes de légumes…

Gilles est né et a grandi ici, au lieu-dit Hambout. Sa passion du jardinage, elle remonte à l’enfance. « Ma maman avait 4 jardins. Elle adorait ça et il fallait même la freiner. » À l’époque, les enfants devaient aider à la ferme. « Petit à petit j’ai pris goût au jardinage.  » Il y avait aussi des champs de blé, de patates, ainsi que des arbres fruitiers. Beaucoup d’arbres fruitiers. Un patrimoine arboré que Gilles préserve en greffant des variétés locales, un savoir-faire transmis par son père. Pommes, cerises, noix, pêches, abricots, nectarines et coings : un véritable verger d’Eden ! « Cette année nous avons mangé les dernières pommes début mai ».

Dans une grande serre où Gilles commence à semer mi-février s’épanouissent des grappes de tomates, de délicates aubergines et de beaux poivrons. Depuis cette année tous les plants sont paillés, ce qui limite le désherbage et l’arrosage par micro-aspersion. Une roquette délicieuse fleurit et un plant de courgette n’en finit pas de grandir.

Si la terre légère du Hambout est bien adaptée aux légumes-racines (carottes, navets, panais), elle accueille très bien aussi les choux, haricots, salades, courges et courgettes, pois mangetout qui seront soit congelés, lacto-fermentés ou mis en silos. Et surtout, « mangés ultra-frais, car ces légumes n’ont pas le même goût qu’en magasin. » Ce jardin est une mosaïque végétale d’où surgissent çà et là des amaranthes pourpres, si jolies dans les bouquets. Le maïs a fière allure, juste à côté d’une grande planche de phacélie qui bourdonne. S’il n’y avait que les butineurs, tout irait bien… car il y a aussi les limaces, « la seule bête qui me pose problème ». Pour limiter sa voracité, Gilles débute les semis au milieu du jardin. Tout autour du jardin, il a mis en place un cordon fleuri pour les stopper un peu… Contre la serre, un grand semis de moutarde dont elles raffolent les attire. Quant aux rongeurs, ils sont de plus en plus nombreux. Il inonde les galeries, histoire de les freiner un peu… Les chevreuils qui viennent de plus en plus tôt dans l’année ont mangé tous les fraisiers ! Malgré cette concurrence assez rude, Gilles ne conçoit pas de vivre sans jardin. Il y passe « 3 h. par jour en pleine saison », même en privilégiant des cultures pratiques qui ne prennent pas trop de temps, « comme le potimarron qu’on déguste encore en avril ».

« L’état d’esprit dans lequel on fait un jardin compte. Il y a une conscience. » C’est un bel esprit qui souffle dans ce magnifique jardin où il fait bon flâner… merci Gilles pour cette belle découverte.

Préparation de la terre : Gilles utilise une fraiseuse pour ameublir la terre. Il sème des engrais verts comme la moutarde, le trèfle et la phacélie. Le compost et du fumier de cheval mûr sont épandus en automne. La rotation des cultures permet de ne pas épuiser le sol et d’éviter trop de maladies. Aucun traitement ni granulés quelconque, si ce n’est de la bouillie bordelaise sur les tomates et les aubergines.

Autonomie partagée : un morceau de jardin est cultivé par des membres de la famille. Et Viviane et Gilles donnent beaucoup… Je repars moi-même avec tomates, salade, poivron et concombres !

« Jardinier-voyageur » : « C’est parfois dur de partir en vacances quand on a un grand jardin. Quand on est partis en camping-car, on l’avait blindé de légumes. Une chenille cachée dans un chou a voyagé avec nous ».

(photos FJ)

Transi-Stop: FRANCHIR LE PAS

Avec un peu d’appréhension, Marie et Dominique ont laissé leur voiture à Fréland et …ont tendu le pouce un dimanche pour aller à Labaroche. Il a fallu pas moins de quatre voitures (il n’y a pas de route directe ! ) pour arriver à destination, à l’heure pour la fête de famille. Mais quatre voitures, c’est aussi quatre opportunités de rencontre, histoire de s’enrichir au contact des autres et de faire connaître de transi-stop.Peu d’attente au bord de la route, le trajet s’est fait en 45 mn au lieu de 30…

Depuis, de temps en temps, on continue à utiliser le transi-stop pour faire de petits trajets  et même pour aller à Colmar. Pour le retour , bus jusqu’à Ingersheim puis transi-stop.

Portrait de Marie-Jeanne, jardinière à Orbey

conservatoire

« Mes premiers souvenirs d’enfance sont dans un jardin. »

« Le jardin on a grandi avec, je ne peux pas m’imaginer vivre sans. »

Marie-Jeanne a trois jardins au lieu-dit Schoultzbach à Orbey. Il y a le jardin du Plateau, le Petit jardin et le Jardin du bas. Sa mère et son grand-père l’emmenaient depuis toute petite au champ et au jardin. À l’époque, il n’y avait pas de nounou et cultiver était une nécessité pour se nourrir. « Jusqu’à 14 ans, j’ai connu que le cheval. »

Aujourd’hui l’autonomie de sa famille n’est pas complète mais « on tend vers ça ». Pommes de terre, courges, pois, concombres, choux, poireaux, cornichons, raifort, sarriette, ciboulette et autres verdures occupent les jardins de Marie-Jeanne. Elle fait toutes ses semences de pommes de terre et dit avoir autant besoin des fleurs que des légumes. Aussi fleurissent l’oeillet des poètes, la bourrache, les lys ou encore le bouillon blanc. Beaucoup de petits fruits se plaisent dans cette terre pauvre de montagne : cassis, groseilles, fraises et framboises. Ces dernières donnent surtout en automne. Marie-Jeanne confectionne confitures et sirops. Et aussi de nombreuses conserves.

La serre aménagée dans la pente comprend des petits carrés de cultures relevés par des planches. Une manière originale et esthétique de s’adapter au terrain. Une magnifique chicorée fleurit là. Une pomme de terre Vitelotte repousse depuis 15 ans à l’entrée de la serre : plus qu’à récupérer les semences qui ont eu le temps de s’adapter au site !

Et un peu plus loin une belle surprise : un petit conservatoire de céréales anciennes. Blés, épeautre et Aegylops semés dans des petits carrés et qui s’élancent vers le ciel. Quatorze variétés mûrissent là et les épis sont de toute beauté ! Les semences seront envoyées au Réseau Semences paysannes * qui les conservera. Conserver le patrimoine végétal et génétique est essentiel pour préserver ce bien commun que sont les semences. « Ma mère avait un savoir des semences qu’elle m’a transmis ». Et c’est bien là une passion chez Marie-Jeanne : perpétuer des variétés de végétaux rustiques. Cette jardinière qui aime « savoir et apprendre » rêve d’avoir un champ où elle cultiverait 2 ou 3 blés anciens.

D’autres belles curiosités s’offrent au regard comme le Chardon à carder ou encore un chou au feuillage dentelé dénommé « Red ursa » à la fois esthétique, goûteux et résistant. Bien souvent les plantes proviennent d’échanges et de dons.

Passionnée, engagée, tournée vers l’avenir, Marie-Jeanne souhaite « pousser les gens à devenir curieux, les inciter à réfléchir à ce qu’ils mangent ». Pour avoir vu l’évolution de l’agriculture paysanne vers l’agriculture industrielle, elle accorde de l’importance à tout ce que lui ont enseigné ses parents et ses grands-parents paysans. Une mémoire, des savoirs et des savoir-faire. Elle a aussi beaucoup appris au contact des personnes âgées qu’elle côtoyait dans son travail. « Les anciens étaient heureux de pouvoir parler de leur passé. »

Un grand verre d’eau pris sur la terrasse pour finir nos échanges… et une très belle vue panoramique sur le Val d’Orbey. Et cette phrase qu’elle prononce : « La terre rassemble les gens. » À méditer…

Ses astuces : la rotation des cultures (pas plus de 2 années au même endroit pour chaque culture) ; laisser des herbes qui maintiennent la fraîcheur dans les cultures ; peu d’arrosage car « plus on arrose, plus on habitue les plantes à l’eau » ; un seau d’eau avec du gros sel pour « stocker » les limaces ; « peu de soins, beaucoup d’observation ».

Paroles d’une jardinière :

« La nature donne aux plantes les moyens de vivre et de survivre. Elle sait mieux faire que nous, on a pas besoin de les trafiquer. »

« Tout ce qui pousse est de la vie et est à respecter. Je regarde deux fois avant d’arracher. »

« Gratter la terre est un besoin. Qu’est-ce qu’on fait si on a plus de jardin ? »

Deux conseils de lecture :

« Les coquelicots sont revenus », Michel Ragon

« Le cri du colibri, le roman de la Transition » (Michel Hutt)

* http://www.semencespaysannes.org

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(photos FJ)

Paroles d’une auto-stoppeuse

J’ai eu l’occasion de prendre en stop une auto-stoppeuse dont je me permets de livrer quelques réflexions :

« Je pratique l’auto stop tous les jours, car, c’est pour moi le seul moyen de me rendre à mon travail, n’ayant pas de véhicule.
Me déplaçant régulièrement   sur le même court trajet, je n’ai aucun problème de prise en charge, car beaucoup de gens me re-connaissent.
Je suis inscrite au transi-stop, mais ne pense pas toujours à prendre mon macaron dans la mesure où je suis facilement prise.

Par contre,   le système transi stop est très important, voire vital, pour des gens comme moi. En effet souvent les automobilistes qui s’arrêtent le font parce qu’ils me connaissent, sinon, ils disent se méfier des auto stoppeurs. C’est pourquoi, je fustige les auto stoppeurs qui ne se comportent pas de manière correcte et qui par là discrédite l’auto-stop.

Donc, pour moi, il est très important que le système de stop sécurisé, avec inscription en mairie, se développe, afin que les automobilistes ne soient plus craintifs. Si personne ne me prend, je ne peux me rendre à mon travail. »

Portrait de Gérard, jardinier à Kientzheim

Gérard

« Jardiniers de pères en fils »

« J’aime surtout la nature » est sa première phrase. « Le jardinage, c’est inné. Toute ma vie je me suis occupé d’un jardin. On avait des jardins à l’extérieur des remparts. Je devais déjà arroser les salades vers 7 ou 8 ans. On vivait un peu de ça car on revendait les surplus. Ma famille avait également 30 ares de vignes.  »

Le jardin que Gérard cultive aujourd’hui a été aménagé en 1970. Blotti derrière la maison, il bénéficie d’une belle exposition sud-est, d’une terre légère et… d’une belle vue sur le vignoble. Protégé des vents de tous les côtés, on y voit s’épanouir de beaux fruits et légumes : tomates, courges, courgettes, choux, salades, poirées, haricots, poireaux, framboises, concombres, céleris, etc. « Ils sont meilleurs que ceux qu’on achète. » Les fleurs apportent de belles touches colorées. Les bourdons, abeilles et moro-sphinx *  se régalent sur les magnifiques tournesols, les zinnias et autres bourraches. Les chardonnerets viendront chiper des graines dans quelques semaines…

Ce qui frappe dans ce jardin, c’est l’ingéniosité : des tuteurs métalliques pour soutenir les haricots, les potimarrons palissés sur la serre, les voiles blancs sur arceaux ombrageant les cultures (très utiles cette année !). Et aussi une « tour à patates », autrement dit un silo ajouré et cubique dans lequel ont été plantés près d’une 20aine de tubercules sur une toute petite surface. Récolte à venir très attendue !

Une autre curiosité de ce beau jardin : un lave-vaisselle revisité pour faire des replants de tomates au printemps et dans lequel Gérard va sécher ses quetsches. Bel exemple de récupération !

Un des secrets de ce jardin est dans la préparation soignée de la terre. En automne, Gérard la recouvre de feuilles mortes, « comme ça les vers peuvent travailler en hiver ». En mars il épand un engrais biologique dont une toute petite quantité suffit. Avant chaque semis ou plantation, le sol est préparé pour que la terre se repose au moins deux semaines. Notre jardinier arrose toujours le matin au pied des plantes. « Le jardin doit être sec le soir » afin de limiter les maladies, notamment en cas de nuits plus fraîches. Un arrosage minutieux à l’eau de pluie dont il récupère près de 1500 litres. Il fait également du compost et du purin d’ortie. Tous ces bons soins offrent un jardin à la fois productif et esthétique. La démonstration que même sur une petite surface on peut produire abondamment.

Les tomates d’une belle vigueur sont plantées le long d’un mur et sous une serre. Les grappes sont impressionnantes et mûrissent tranquillement. Gérard confie les nourrir au fumier de vache…

Là où poussait autrefois une haie de thuyas ont été plantés des framboisiers qui ont bien donné cette année. Et tout près de là, un quetschier ploie sous les fruits !

« Il faut pouvoir regarder la nature. De nos jours les gens passent sans regarder », dit avec philosophie Gérard, le cycliste-jardinier de Kientzheim.

Des curiosités :

• un kaki (Plaqueminier) planté en 2015 ;

• la scarole « Cornet d’Anjou » qui réussit bien si elle est plantée avant mi-août ;

• la cressonnette marocaine, une jolie salade aux feuilles ondulées ;

• de jolis concombres tuteurés en hauteur ;

• une petite éolienne qui anime le jardin ;

• un bel épouvantail qui a dissuadé les oiseaux pendant quelques jours…

Les jardins à Kientzheim sont rares intra muros. Ils occupaient et occupent encore en partie les terrains situés autour des remparts. Autrefois les gens faisaient leurs semences, notamment de pommes de terre. Ils les coupaient même en deux pour faire deux plants.

* papillon nocturne qui vole le jour

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(photos FJ)