Saison 2020 de la serre collective du jardin de la bibliothèque d’Orbey

Pour la 4è année consécutive, l’association Pas à Pas a organisé une distribution de replants de légumes cultivés dans la serre collective du jardin de la bibliothèque d’Orbey. Dans le contexte particulier de cette année 2020, les bénévoles du groupe Jardins et vergers se sont plus que jamais mobilisés pour semer, repiquer, arroser, ouvrir et fermer la serre du mois de mars au mois de mai. Toutes les précautions sanitaires ont été prises pour éviter les contacts et mener à bien ce projet associatif et solidaire. Contrairement aux autres années, il n’a pas été possible de mener touts les tâches collectivement. Et pourtant, il n’a jamais manqué un bénévole pour que les légumes poussent dans de bonnes conditions.

De nombreux replants de tomates ont été cultivés ainsi que des courges, des salades, des blettes, des concombres ou encore plusieurs sortes de fleurs. Certains bénévoles du groupe ont même semé dans leur propre serre diverses variétés de tomates qui ont par la suite rejoint celles de la serre collective. L’équipe a constitué des lots de légumes et fleurs qui ont été distribués le 21 mai à près de 80 familles résidant dans la vallée. Cette année, la distribution s’est exceptionnellement faite sur réservation de ces lots, après une information diffusée via le groupe Jardins, la lettre de Pas à Pas et les réseaux sociaux.

Durant ces quelques semaines de culture, plusieurs jardiniers ont également déposé des plantes de leur jardin devant la serre, improvisant ainsi un espace d’échange apprécié de tous : pommes de terre, arbustes, plantes aromatiques, fleurs, plantes grasses et même plantes d’appartement …

Les replants cultivés par les bénévoles de l’association Pas à Pas ne remplissent pas tous les besoins d’un jardin potager familial. Le but de l’opération est d’encourager le jardinage, notamment pour les débutants et les personnes ayant des moyens mesurés. Elle vise également à favoriser les échanges entre jardiniers amateurs.

Le confinement nous a rappelé combien la nourriture produite loin de chez nous fragilise notre sécurité alimentaire. Nous avons la chance d’avoir dans la vallée de nombreux producteurs locaux… et aussi des potagers qui nous permettent de consommer des produits frais et de saison durant une partie de l’année.  Chacun, à son échelle, et même avec un petit espace, peut accroître son autonomie alimentaire en jardinant.

Plus un seul potager ne devrait disparaître dans la vallée, bien au contraire ! Par ailleurs, l’activité agricole pourrait être diversifiée par des productions légumières et fruitières destinées à la consommation locale.

Vous souhaitez rejoindre le groupe Jardins ? Écrivez-nous : jardin@transition-pasapas.org

Producteurs locaux de la vallée de la Weiss : une liste pour mieux les connaître !

L’association Pas à Pas salue toutes les initiatives prises par les producteurs locaux de la vallée pour s’adapter à la crise sanitaire que nous traversons. Malgré toutes les contraintes, de nombreux producteurs ont mis en place des solutions pour pouvoir commercialiser leurs produits et répondre à la demande : vente à emporter dans le respect des consignes sanitaires nationales, aménagements des locaux commerciaux, nouveaux horaires, regroupements de produits, livraison, drive, communication sur les réseaux sociaux, etc. 
C’est une chance d’avoir autant de producteurs locaux sur un territoire et nous mesurons peut-être plus que jamais l’importance de pouvoir s’approvisionner en circuits courts, tout près de chez soi, en limitant ainsi nos déplacements et la pollution atmosphérique. Soutenons les producteurs durant cette période délicate et continuons à le faire après, afin de leur permettre de vivre de leur métier. Nous maintiendrons tous ainsi des lieux d’approvisionnement locaux dans la vallée pour aller vers une autonomie alimentaire territoriale.
Dans cet objectif, l’association a réalisé UNE LISTE DES PRODUCTEURS DE LA VALLÉE DE LA WEISS, commune par commune. Vous la trouverez en téléchargement après ce texte. Elle sera régulièrement actualisée. Nous comptons sur vous tous pour la diffuser à votre entourage. Un grand merci !
Par ailleurs, les marchés hebdomadaires ont été aménagés dans le respect des consignes sanitaires (Orbey, Lapoutroie, Kaysersberg, etc.).
Pour toute mise à jour le la liste : contact@transition-pasapas.org

Serre collective du jardin de la bibliothèque d’Orbey : c’est reparti !

De nombreux bénévoles ont participé aux deux premières matinées de travail dans une ambiance conviviale et sous une météo clémente. Nous avons installé deux composteurs en bois, l’un offert il y a quelques années par la Communauté de communes et l’autre donné tout récemment par Patrick. Cette installation a nécessité le nettoyage et la mise à niveau d’une partie du jardin. Le haut du jardin et le muret de soutènement ont été dégagés des ronces et des renouées envahissantes.

La serre a été rangée. Un mélange terre / fumier a été préparé pour remplir les godets des futurs replants. Le réservoir d’eau situé dans la serre a été rempli. Des muscles ont été nécessaires pour remplir la couche chaude de fumier frais de la serre. C’est cette couche chaude qui nous permettra de semer les plants les plus fragiles dès début mars. Le fumier est donné par les Écuries de l’Abbaye que nous remercions.

Les bacs de cultures ont été amendés de fumier composté et la bordure du jardin préparée pour la plantation de fleurs et chèvrefeuille qui habilleront le grillage. Des légumes vivaces et des herbes aromatiques ont été plantés le long de la serre (merci à Anne Rose et Gilbert pour leurs dons !). Deux clématites seront plantées dans les deux bacs extérieurs au jardin pour ombrager le banc.

Cette année encore, le groupe Jardins et vergers prévoit de produire de nombreux replants qui seront distribués gratuitement à la fin du mois de mai. Courges, salades, tomates, choux, herbes aromatiques, fleurs et autres trésors seront bichonnés par les bénévoles pour votre plus grand plaisir. Toutes les semences sont biologiques et produites en France.

Un grand merci à tous les bénévoles du groupe et à très bientôt pour le début des semis !

 

 

 

 

Élections municipales 2020 : quid de la Transition écologique et énergétique ?

Dans le cadre des élections municipales de mars prochain, l’association Pas à Pas, vallée de la Weiss en Transition, a adressé un document à tous les candidats qui se présentent sur le territoire de la Communauté de communes de la vallée de Kaysersberg.

Ce document a pour objectif de questionner les têtes de liste et leurs colistiers sur la transition écologique et énergétique de notre vallée.

Dix thèmes y sont abordés :

1. Encourager l’implication citoyenne

2. Créer des liens et de la solidarité entre les habitants

3. Économiser l’eau et faire face aux pénuries

4. Favoriser l’autosuffisance alimentaire de la vallée

5. Soutenir et valoriser l’agriculture face aux enjeux actuels

6. Favoriser la biodiversité en milieu urbain et rural

7. Penser l’urbanisme de demain

8. Favoriser les économies d’énergies et les énergies renouvelables

9. Réduire et valoriser les déchets pour une vallée « Zéro déchet »

10. Imaginer d’autres modes de transport en milieu rural et périurbain

Nous vous invitons à découvrir l’intégralité de ce document consultable en version PDF.

Nous demandons aux candidats de se positionner pour chaque objectif via un questionnaire à nous retourner. Par ailleurs, nous  prévoyons une rencontre avec chacun d’entre eux pour échanger de vive voix sur nos propositions.

Une conférence de presse organisée par l’association rendra compte des retours écrits de chaque liste avant le premier tour des élections.

Nous restons à votre écoute si vous avez des propositions à formuler pour enrichir la démarche : contact@transition-pasapas.org

Le Conseil collégial de l’association

Pacte pour la transition Pas à Pas – municipales 2020 – pdf Complet

Pacte pour la transition Pas à Pas – municipales 2020 – version écran Thèmes-Questionnaires

Repair Café et Troc ton Truc le samedi 15 février à Sigolsheim

Les prochains Repair Café et Troc ton Truc auront lieu conjointement

 de 10h à 13h et 14h à 16h30
Sigolsheim 68 – Espace Pluriel (11 rue Saint Jacques)

Repair Café : comment ça marche ?

Tout objet transportable en panne ou abîmé peut être apporté au Repair Café : appareil électroménager, vélo, ordinateur, textile, etc. Les réparateurs bénévoles s’efforceront de le réparer avec vous et ainsi d’éviter que votre objet finisse à la poubelle.
Nous ne réparons pas les appareils photos, les micro-ondes et les smartphones.

Autour d’un café, vous verrez que le partage des connaissances et les échanges humains sont aussi importants que la réparation de l’objet.

Rejoignez-nous !

Notre groupe recherche activement de nouveaux bénévoles, réparateurs, bricoleurs ou simplement volontaires pour participer à l’accueil, la communication et l’organisation des permanences du Repair Café.

Mail : repaircafe@transition-pasapas.org

 

TROC TON TRUC

Vous voulez vous séparer de quelques bricoles en bon état mais que vous n’utilisez plus et qui prennent la poussière, alors venez les déposer au TROC TON TRUC organisé par Pas à Pas.

Le but de cet événement est de promouvoir les échanges non monétaires. Par conséquent, chacun peut venir apporter, échanger ou simplement récupérer des objets en toute convivialité et gratuité.

PS: nous ne pourrons pas accepter d’objets volumineux, mais apportez une photo avec vos coordonnées de votre canapé, salon de jardin, cuisinière… que vous souhaitez céder !

Au plaisir de vous y retrouver !

Mail : festif@transition-pasapas.org 

Tél : Marie-Estelle – 06 06 88 16 61

Préservons les insectes et les oiseaux : les conseils de Pas à Pas

« On ne peut pas imaginer un monde sans insectes. C’est comme si on tentait d’imaginer un monde sans air. Sans insectes, il n’y a plus d’écosystème, plus de nature.» (Vincent Bretagnolle, directeur de recherche eu CNRS)

 Des études scientifiques récentes et la simple observation démontrent un effondrement des populations d’insectes et un rythme de disparition inquiétant pour les oiseaux. Sur les 150 espèces d’oiseaux nicheuses d’Alsace, 44,1% ont été inscrites en Liste Rouge des oiseaux menacés *. 30% des oiseaux des champs ont disparu en Alsace **. La cause principale est la dégradation ou la disparition des habitats naturels de nombreuses espèces.

D’autres causes sont établies : l’uniformisation des paysages, la surexploitation des ressources naturelles, le développement des espèces invasives, les pollutions diverses (notamment les pesticides) ainsi que le changement climatique. Ce phénomène mondial de déclin touche par effet domino toutes les autres espèces animales. On parle aujourd’hui de « sixième extinction de masse ».

Au-delà d’une approche éthique, il s’agit bien d’enjeux socio-économiques qui sont menacés. En effet, nous dépendons en grande partie des ressources naturelles et de l’usage des fonctions biologiques. Par exemple, les 3/4 de notre alimentation proviennent de la pollinisation par les insectes(abeille domestique, abeilles sauvages, papillons, bourdon, etc).

Ouvrez les yeux et les oreilles ! Que serait notre environnement sans le chant des oiseaux et des grillons ?

Comment agir concrètement en faveur de la biodiversité 

  • Préserver les zones où la faune sauvage trouve de quoi se nourrir, s’abriter et se reproduire (prairies fauchées tardivement, tonte progressive du gazon (et si on laissait les pâquerettes fleurir ?), mares et zones humides, bosquets, haies, vieux arbres, bâtiment accueillant pour la faune…);
  • Préserver la flore locale – nourriture vitale des insectes et oiseaux – en la laissant accomplir son cycle jusqu’à la graine (fleurs, graminées, arbustes, etc.) ;
  • Semer et/ou planter dans son jardin des plantes à fleurs riches en nectar, en pollen ou en graines pour les butineurs et les granivores (plantes aromatiques, Reine des prés, Achillée millefeuille, Bourrache, Lavandes, Trèfles, Centaurées, Pâquerette, Marguerite, Lamier pourpre et blanc, Bouillon blanc, Mauves, Campanules, Tournesols, Onagre, Cardère, Plantains…);
  • Planter des arbustes à fleurs et à fruits sous forme de bosquet ou haie (noisetier, néflier, groseillier, cassissier, sureau, aubépine, prunellier, argousier, amélanchier, bourdaine, églantier, cornouiller mâle, etc.);
  • Ne jamais tailler une haie au printemps (période de nidification) ;
  • Laisser en place les vieux lierres (site de nidification, floraison automnale précieuse pour les butineurs et fruits en hiver pour les oiseaux) ;
  • Planter des arbres fruitiers dont la floraison offre aux butineurs une nourriture précieuse au printemps ;
  • Préserver ou aménager tout ce qui contribue à la biodiversité (muret de pierres sèches, pierriers, arbre et bois mort, mare (sans poissons), zone fauchée tardivement, vieil arbre creux, tas de feuilles et/ou de branches…) ;
  • Installer des nichoirs en bois (non traité) pour les oiseaux et les chauves – souris;
  • Éviter l’éclairage artificiel nocturne.

Nous et nos enfants sommes tous concernés par le déclin de la biodiversité et chacun peut agir à son échelle pour que notre vallée continue de fleurir et bourdonner ! 

La 1ère Liste Rouge d’Alsace date de 1989. Elle comprend plusieurs catégories : « En danger critique », « En danger », « Vulnérable », « Quasi menacée », « Préoccupation mineure ».

** Chiffres : Ligue pour la Protection des Oiseaux d’Alsace

Plus d’infos : biodiversite@transition-pasapas.org

3è Apéro-graines le 10 décembre à Lapoutroie

Préparons des sachets de semences locales tous ensemble !

Mardi 10 décembre 17h30 – 20h30 : 3è APÉRO-GRAINES organisé par l’association Pas à Pas à Lapoutroie (salle des ventes – petite salle située au fond de la salle des loisirs).

C’est quoi un « Apéro-graines » ?

C’est un moment convivial pour fabriquer des sachets de semences (par simple pliage), trier et ensacher les graines de nos jardins afin de garnir les 11 Grainothèques de la vallée de la Weiss.

Matériel : feuilles A4 ou A5, grandes règles, stylos, petites cuillères. Et des semences si vous avez ou si des personnes autour de vous en ont en stock !

Chacun ramène une boisson et de quoi partager un buffet.

Soyez gentils de faire suivre cette information à toute personne intéressée, merci beaucoup !

À très bientôt à Lapoutroie !

 

 

 

 

 

La Fête de Pas à Pas dimanche 13 octobre à Lapoutroie

Le dimanche 13 octobre, l’association Pas à Pas, vallée de la Weiss en Transition organise une première fête conviviale et familiale. Elle se déroulera à l’école élémentaire de Lapoutroie de 10h à 17h30. Il s’agit pour Pas à Pas d’inviter les habitants à s’impliquer dans la Transition au quotidien. Pas d’entrée payante, juste un fruit ou légume local à rapporter comme droit d’entrée !

De nombreuses animations sont prévues lors de cette fête : les ateliers du « fait maison », une zone de gratuité, des activités ludiques, un espace militant, « La vallée de mes rêves », une disco-soupe…

À 11h, un apéro-débat est organisé en présence de M. Jean-Claude Mensch (maire d’Ungersheim, ville en Transition) sur le thème : « Faire vivre la Transition : quelle stratégie pour un élu ? ».

Les ateliers du « Fait maison » proposeront différents thèmes au public : recyclage de palettes,  fabrication de nichoirs, d’emballages alimentaires en cire, de produits ménagers biodégradables, de tawashi (éponges en tissu), confection de papier recyclé et de cosmétiques naturels. Des ateliers «vannerie » et «marionnettes » vous permettront de réaliser des objets à partir d’éléments naturels. Christine Ackermann, diététicienne, informera les personnes intéressées sur une cuisine saine et économique. N’hésitez pas aussi à ramener votre vélo ou votre trottinette pour une révision ! Il y aura des conseils pour petits et grands sur la sécurité à vélo.

Le 13 octobre, vous pourrez également participer à une zone de gratuité (du don, rien que du don) : déposez vos surplus de vêtements, plantes et semences, fruits et légumes, graines de kéfir, vélos et trottinettes. Le tout en bon état, bien sûr !

La fête de Pas à Pas, ce sont aussi des activités ludiques : jeu de l’oie géant sur les déchets, skis coopératifs, sentier pieds nus et parcours olfactif, bulles de savon géantes,…

Un espace militant vous fera découvrir les actions de Pas à Pas, d’autres associations ainsi que des campagnes nationales (« Nous voulons des Coquelicots, etc.). Une animation invitera les visiteurs à s’exprimer sur le thème « La vallée de mes rêves » et un crieur public relayera tous les rêves exprimés.

M. Speiser invitera le public à découvrir « Le mystérieux truc en fer » et à 16h, Claude Charbonnier proposera un beau spectacle : « Dans le verger de mon grand-père ».

À l’occasion de sa fête, Pas à Pas lance un « Défi mobilité » : venez à pied, à vélo, à trottinette ou en covoiturage.

Venez nombreuses et nombreux festoyer autour de la Transition !

Plus d’infos : transition-pasapas.org  et contact@transition-pasapas.org

Programme complet dans le flyer dédié.

 

 

Les pesticides, quels impacts sur notre santé et notre environnement ?

Compte rendu de la conférence sur les pesticides du 5 juillet à Kaysersberg

Une conférence s’est tenue au Badhus à Kaysersberg une conférence – débat sur le thème : « Pesticides, quels impacts sur l’environnement et la santé ». Cette conférence était organisée par l’association « Pas à Pas, vallée de la Weiss en transition » dans le cadre de la campagne nationale « Nous voulons des coquelicots ». Cette campagne, comme l’a rappelé en introduction Pas à Pas, vise à l’interdiction de tous les pesticides de synthèse, d’ici 2020
Les deux intervenants, sont, comme ils ont tenu à le signaler d’entrée de jeu, des généralistes ; d’une part en agro écologie, pour Mr Christian Bockstaller, ingénieur à l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) et d’autre part en médecine générale, pour Mr Rémy Mazurier.

La conférence a démarré par les aspects environnementaux avec Mr Bockstaller qui a tenu a préciser qu’il n’avait aucun lien ni contact avec quelque lobby que ce soit et qu’il était là pour montrer, preuves scientifiques à l’appui, le pour et le contre de l’utilisation des pesticides.
Il a d’abord brossé un rapide tableau de l’évolution de l’agriculture dans les dernières décennies, avec la découverte des pesticides et les progrès de la mécanisation qui ont conduit à une intensification de l’agriculture, ayant des effets secondaires économiques, sociaux et environnementaux. Puis il a expliqué que sous « pesticides », on entend  « produits phytosanitaires » ou « phytopharmaceutiques » (en fonction du Ministère qui en parle ! ) ; ce sont des substances actives accompagnées d’adjuvants . Et ce sont souvent ces adjuvants qui posent problème, car leur formule est tenue secrète par les entreprises et ils sont souvent plus dangereux que la substance active.

Lors des traitements, seule une petite partie touche la cible (en particulier lors de la pulvérisation, seuls 5% atteignent la culture). Le reste pollue, l’air, les sols et l’eau. Les autres risques majeurs viennent des problèmes de manipulation : ces deux problèmes produisent des pollutions ponctuelles. Les expositions répétées aux pesticides ont des effets à long terme. Il faut aussi prendre en compte la durée de « demi vie » des produits, c’est – à – dire le temps qu’il faut pour dégrader 50% de leur activité. Par exemple, la roténone se dégrade très vite. Un autre effet des pesticides est la stérilisation des sols ; or, il se trouve que, de ce point de vue, le cuivre (autorisé en agriculture biologique) est d’après M. Bockstaller plus nocif que le glyphosate. D’ailleurs, ce dernier, s’il était utilisé à bon escient et en dose minime, pourrait être utilisé dans une agriculture dite « de conservation », qui permettrait la transition vers une agriculture sans pesticides. C’est ce que préconise l’INRA.

Mr Bocksatller a terminé son propos sur cette affirmation : il n’est pas possible de supprimer d’un coup les pesticides ; par contre, il est souhaitable d’accompagner les agriculteurs vers une agriculture extensive, biologique, ce qui suppose un système d’exploitation plus complexe. Il faudra que le consommateur accepte aussi de payer le prix de ce changement et évolue vers une alimentation moins carnée ou issue de l’élevage.

Puis ce fut au docteur Mazurier d’aborder les problèmes de santé. L’association nationale dont il est membre (Alerte Médecins Pesticides) a pour but la protection de la santé et de l’environnement face à l’utilisation des pesticides. En premier lieu, il s’agissait pour cette association de protéger les agriculteurs.

En dehors des agriculteurs – qui sont les premiers contaminés – il y a des effets des pesticides sur les « riverains » c’est à dire les personnes habitant des zones proches des cultures où sont épandus les pesticides. S’il y a peu de contamination aux organochlorés interdits depuis longtemps, les intoxications aux organophosphorés et aux pyréthronoïdes sont très importantes. Ce sont surtout les contaminations des femmes enceintes qui ont des effets sur le foetus et donc sur le bébé qui va naître. Ces intoxications vont provoquer des retards de croissance avec diminution du périmètre crânien, de l’asthme, des baisses de QI, des tumeurs cérébrales et d’autres pathologies. Il a été établi scientifiquement une corrélation entre la maladie de Parkinson et les pesticides. Cette maladie est reconnue comme maladie professionnelle chez les agriculteurs depuis 2012.

Les populations les plus vulnérables sont les femmes enceintes, les jeunes enfants et les adolescents, car les pesticides sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils perturbent le bon fonctionnement du système hormonal.

Ne pouvant expérimenter les effets des pesticides sur l’homme, prouver leurs effets sur la santé se fera au terme de nombreuses années, même s’il apparaît fortement une corrélation entre l’exposition aux pesticides et certaines maladies. La question n’est pas : « Est-ce que c’est dangereux ou pas? », mais «  Qu’est-ce que je suis prêt à accepter pour…? »

Le docteur Mazurier a terminé son intervention par la citation suivante :

« Tout travail scientifique est susceptible d’être bouleversé ou modifié par l’avancée des connaissances. Cela ne nous donne pas pour autant la liberté d’ignorer les connaissances dont nous disposons déjà, ni de retarder les mesures qu’elles semblent réclamer à un moment donné » (Sir Bradford Hill, 1965)

Suite à ces deux interventions, la parole a été donné à la salle pour un débat respectueux, riche des interventions des uns et des autres.

La soirée s’est terminée autour d’un verre de jus de pommes et de pâtisseries.