Plantons des petits fruitiers !

C’est dans la belle et lumineuse salle de l’IME des Allagouttes à Orbey, qu’Alain Périchon – ancien responsable des jardins du parc de Wesserling – a su charmer un auditoire d’une 30aine de personnes. Avant de penser « fruits », Alain nous a incité à penser « fleurs ». Des fleurs mellifères qui attirent les insectes pollinisateurs et favorisent des récoltes abondantes de fruits.

Puis vînt la présentation très interactive des petits fruits, aussi bien sauvages que cultivés : caractéristiques, culture, multiplication, etc. Églantines, cornouilles, amélanches, cassis, groseilles, framboises, baies de sureau, arbouses, kiwis… autant de délices que l’on peut transformer de différentes manières. Des végétaux simples à cultiver, généreux et bien adaptés à nos climats parfois rigoureux. Certains petits fruits sont toutefois mieux adaptés au bas de la vallée.

Après cet atelier-conférence très vivant, chacun a pu déguster des préparations « maison », toutes aussi délicieuses les unes que les autres : sirop de rose, vin de feuilles de cassis, pommes au sirop, jus de pêches, tartes aux petits fruits… un régal pour les papilles !

Une belle fin de journée automnale, tout aussi conviviale qu’instructive… merci Alain et Josiane !

Fabrice, le cuisinier – jardinier

« Consommer ce que la terre nous donne et pas chercher plus. »

À force de nous croiser parce que nos enfants sont dans la même classe, nous avons fini par parler jardinage. Un cuisinier qui jardine, ça m’intéresse !

Fabrice est originaire de Sélestat et fréquente les jardins depuis son enfance. « Mes parents avaient deux grands jardins et jardinent toujours aujourd’hui dans le respect de la terre, sans produits de synthèse. En m’installant à Orbey, ma priorité était d’avoir un terrain pour jardiner. »

Ce passionné cultive une belle diversité de légumes sur une surface de 40m2 : carottes, panais, courges, choux divers, betteraves, salades, céleris, oignons, mâche, haricots. Il fait lui-même ses replants de tomates, courgettes, poivrons et poireaux. Pas de calendrier lunaire mais des semis « à l’instinct ». Une jolie serre voit se succéder les tomates et les poivrons aux radis.

« J’aime travailler la terre, j’aime être dehors. Je me sens mieux dehors. Dans le jardin j’y suis tous les jours : un petit tour le matin, un petit tour le soir. Si seulement tout le monde passait moins de temps devant les écrans et davantage dans les jardins ! »

Et Doris sa femme renchérit : « Fabrice a la passion du jardinage, il aime transmettre. Son jardin est très ordonné et je l’aide volontiers pour les récoltes. Chaque année on se pose cette question : qu’est-ce qu’on plante au jardin ? »

Côté technique culturale, c’est assez simple : du fumier frais de vache épandu chaque automne et un retournement de la terre au printemps. Le compost en bac est utilisé à l’automne et le purin d’ortie est le seul insecticide autorisé. Le voile de forçage est bien pratique pour protéger des cultures telles que la mâche ou l’oignon.

Notre jardinier est aussi un excellent cuisinier – pâtissier et son jardin lui permet d’avoir des produits frais et de saison comme les tomates qu’il sublimera en gaspacho. Pas de gâchis : il utilise tout du céleri et ne jette pas un seul légume « moche ». « En été nous n’achetons pas de légumes et sommes ainsi sûrs d’avoir des produits de qualité, en provenance directe de notre jardin ». D’autres cultures seront congelées ou conservées dans un ancien tambour de machine à laver comme les carottes.

« Je me réjouis d’une année sur l’autre de cultiver des produits de saison. »

Jardiner, cuisiner et aussi… transmettre sa passion à ses deux filles qu’il emmène volontiers au jardin pour aiguiser leur curiosité. Elles découvrent alors le goût des fraises ou encore le parfum des carottes. « C’est familial chez nous »

Et je n’ai pas encore parlé des 4 poules : Carambar, Fraise, Framboise et Clochette qui se régalent des restes de table. Dans un petit enclos situé au jardin, elle approvisionne la famille en œufs frais. Avis à ceux qui veulent réduire le volume de leur poubelle et se régaler de recettes à base d’oeufs…

Dans ce quartier d’Orbey plutôt intergénérationnel, il y a encore beaucoup de jardiniers. On échange régulièrement des plantes et des astuces… Qui a dit que le jardinage créé des liens ?

Notre jardinier-cuisinier est aussi cueilleur de champignons et pêcheur. Je le croise aussi régulièrement en tenue de sport, prêt à aller courir sur les chemins d’Orbey ! Toujours beaucoup d’entrain chez Fabrice, ce qui fait le plus grand bien !

Et chaque année, vers le mois de mai, je me pose cette question très importante : est-ce lui qui fera le dessert de la kermesse de l’école ?

La Grainothèque de la vallée de la Weiss : partageons les semences de nos jardins !

Cette année, laissez quelques plantes de votre jardin monter en graines ! Légumes, fleurs, céréales, engrais verts, herbes aromatiques : la palette est large ! Une fois séchées, les semences pourront être ensachées et déposées dans une des 11 boîtes de la Grainothèque de la vallée. Dans ces boîtes, vous trouverez peut-être des semences qui vous plaisent et qui auront été déposées par d’autres jardiniers.

Où sont situées les boîtes à semences ?
Katzenthal : épicerie locale / Kientzheim : boulangerie / Ammerschwihr : boulangerie / Sigolsheim : boulangerie / Kaysersberg : médiathèque / Fréland : Maison de santé / Lapoutroie : bibliothèque / Le Bonhomme : mairie / Orbey : mairie et bibliothèque / Labaroche : mairie

Plus d’infos : jardin@transition-pasapas.org

La serre collective à Orbey : c’est parti !

Après plusieurs mois de travaux patients et minutieux menés par une équipe de jardiniers-bricoleurs avertis, la serre du jardin de la bibliothèque d’Orbey est en service. Son objectif est de produire des replants qui seront distribués à des familles jardinant dans la vallée de la Weiss.

Les semis ont démarré en avril et le taux de germination est excellent ! Les jardiniers se succèdent chaque semaine et sont aux petits soins pour les courges, courgettes, salades, choux, concombre, basilic, fleurs diverses et autres végétaux qui viendront garnir des jardins de la vallée.

Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont donné des matériaux, du compost, du terreau, du fumier, des pots de rempotage, des semences, de jeunes semis… La serre a été en grande partie construite avec des matériaux de récupération.

Merci à la fine équipe qui a oeuvré pour son édification, du plan jusqu’à la pose de la fenêtre et de la porte.

Merci enfin à la commune d’Orbey qui nous met ce terrain à disposition, ce qui a permis la réalisation de ce projet collectif.

À très bientôt !

Le groupe Jardins et Vergers

Jimmy, ou l’agriculture vivrière à Ribeaugoutte

Je monte avec impatience la petite route sinueuse qui mène au hameau de Ribeaugoutte et vais à la rencontre de Jimmy. Il fait beau et chaud. Tout est paisible. Les paysages sont magnifiques.

Jimmy a 29 ans. Depuis 3 ans, il développe une belle activité de maraîchage de montagne. Deux serres et un grand champ lui permettent de cultiver de nombreux et savoureux légumes : carottes, choux, betteraves, oignons, céleris, courgettes, salades, rutabagas, poireaux et autres navets. Un des objectifs de Jimmy est de cultiver le plus longtemps possible dans l’année.

« Je suis né ici, je suis attaché à cet endroit. Ma grand-mère paternelle qui était d’une famille de paysans nous a souvent parlé de sa jeunesse. C’était une vie simple, proche de la terre ».

Derrière la ferme, une grande serre abrite de belles courgettes, des choux fleurs et des semis tous récents pour les cultures automnales. C’est dans cette serre qu’au début du printemps, Jimmy produit sur une couche chaude tous ses replants : tomates, choux, piments, aubergines, salades, etc. Les semences sont biologiques et les variétés choisies en fonction du climat montagnard, donc plutôt rustiques et hâtives. Il suit le calendrier des semis de l’agriculture biodynamique.

« J’ai toujours aimé faire du jardin. Je faisais un potager pour mes parents. J’aime la terre, planter des choses et les voir pousser. Ce qui me porte, c’est l’idée de pouvoir produire ma nourriture ». D’un rêve collectif il y a quelques années, il est passé à une activité individuelle qui le passionne.

Nous allons voir plus haut le champ qui s’étire tout en longueur dans un ancien pré. Plusieurs rangées de légumes plantés en associations forcent l’admiration. Les choux sont particulièrement impressionnants, tout comme les betteraves qui « semées un peu trop tôt, sont un peu grosses pour la saison ». En réalité, elles sont énooooormes !

Les secrets de Jimmy ? Un travail mécanique du sol et beaucoup d’huile de coude, avec aussi l’aide précieuse de Marius le mulet ; l’épandage au printemps d’un fumier bien composté (moutons et chevaux) ; le semis d’engrais vert (moutarde) et l’utilisation de bouse et silice de corne. Des outils originaux lui permettent un travail du sol efficace et non destructeur : véloculteur, sous-soleuse, moto-bineuse (serre), kassine. Ce dernier est un outil multifonctionnel et universel avec lequel il forme de petites buttes pour planter les patates.

Jimmy ne se réclame d’aucune école. Il s’intéresse à la biodynamie et connaît bien le cahier des charges de l’Agriculture biologique. Aucun produit de synthèse n’entre dans son approche et malgré l’altitude, il obtient de très belles cultures.

Un peu plus loin, voilà la serre aux 200 pieds de tomates qui a été érigée il y a quelques mois. Jimmy a produit lui-même tous les replants qui aujourd’hui grimpent à plus de 2 m. Il choisit des variétés plutôt anciennes, hâtives et goûteuses. Dans cette serre, c’est un festival de formes et de couleurs : rouges, rondes, charnues, oranges, ovales, petites, vertes, allongées, énormes et biscornues… Elles s’appellent Rose de Berne, Saint-Pierre, Noire russe, Merveille des marchés, Noire de Crimée… Les 7 rangées de plants de tomates sont bordées d’aubergines, poivrons et piments. Le sol de cette serre est composé d’1/3 de sable, d’1/3 de compost végétal et 1/3 de compost animal. Les grappes de tomates sont impressionnantes !

Un peu plus loin, ça bourdonne autour d’une 10aine de ruches fabriquées par l’apiculteur – maraîcher. Elles sont ici toute l’année et fournissent miels de fleurs, de châtaignier (un délice !) et de sapin.

Et plus haut, il y a les moutons. Sept brebis et un bélier de la race Manech (ou « tête noire ») originaire du Pays Basque. Les agneaux restent deux mois sous la mère et lorsqu’ils n’y sont plus, Jimmy fait du yaourt de brebis (que j’espère pouvoir goûter un jour…).

Retour vers le hameau et sa charmante petite chapelle ornée d’un rosier. Impossible de repartir le panier vide. Je fais mes emplettes au libre-service qui fonctionne sur la CONFIANCE. Des légumes, du miel et les délicieux fromages de chèvre de Lucas, le frère de Jimmy. Ce libre-service de produits frais et ultra locaux est une ancienne buvette. Belle reconversion ! Les clients viennent plutôt de la vallée par le bouche à oreille. Il y a aussi des touristes qui logent dans les gîtes alentours.

Toute cette activité agricole « fait revivre le hameau » et redonne ses lettres de noblesse à l’agriculture vivrière.

« La très petite agriculture a aussi sa place. La chose la plus importante pour moi est de nourrir ma famille et de vendre ma production ».

MERCI Jimmy pour cette très belle matinée ensoleillée passée à tes côtés.